«Climate Talk avec Christo Foerster»

En 2024, nous donnons la parole à des personnes qui se dévouent à la protection du climat et dont les actes sont source d’inspiration. Nous sommes ravis que l’aventurier Christo Foerster ait accepté de répondre à nos questions pour élargir nos horizons en matière de voyages plus respectueux du climat.

Christo, tu es considéré comme le «père des micro-aventures» dans les régions germanophones. Qu’entend-on par micro-aventures?

Les micro-aventures sont aussi des aventures, puisqu’il s’agit également de sortir de sa zone de confort, d’aller vers l’inconnu et de faire des découvertes. Mais les micro-aventures ne demandent pas beaucoup d’efforts. Ce sont des aventures que nous pouvons vivre même si nous n’avons pas beaucoup de congés, d’argent ou d’équipement professionnel. Elles peuvent débuter au pas de notre porte.

 

Dans quelle mesure les micro-aventures peuvent-elles intéresser les personnes qui recherchent des expériences particulières, mais qui ne veulent pas voyager loin pour cela, par exemple par souci de protection du climat?

Le fait d’attacher moins d’importance à l’endroit où se déroulent les aventures qu’à notre propre attitude peut aider. Si nous sommes prêts à voyager en mode vraiment minimaliste, voire à laisser le hasard nous guider, nous pouvons vivre des expériences extraordinaires au bord de n’importe quel chemin, aussi peu spectaculaire soit-il. J’aime établir quelques règles pour me lancer des défis. Lors de mes micro-aventures, je n’utilise par exemple jamais de voiture et bien sûr pas d’avion. Je m’autorise les déplacements en transports en commun. Ainsi, quand tu planifies, pour autant que tu planifies, tu te retrouves rapidement dans un esprit d’expédition.

 

Tu dis que les aventures commencent quasiment au pas de notre porte. Nul besoin de compétences en matière de survie. Peux-tu nous recommander une bonne aventure pour débuter?

J’adore dormir dehors, à la belle étoile, dans un hamac ou sur le sol. Le camping sauvage est interdit, mais se reposer, même la nuit, est acceptable si tu n’es pas dans une zone protégée ou sur un terrain privé. Pour de nombreuses personnes, dormir dehors renvoie à certaines craintes et constitue donc un défi non négligeable. Pourtant, c’est incroyablement simple. Et cela nous rapproche de la nature. Mais cela peut aussi être une jolie micro-aventure de partir de chez soi deux heures avant le lever du soleil, pour voir le jour se lever en direct, où que ce soit. En été, on peut même rentrer à temps pour le début de la journée de travail.

 

Qu’est-ce qui t’a poussé à changer de vie et à passer plus de temps en plein air?

Ce processus a commencé par une excursion que je considère comme ma première véritable micro-aventure. À l’époque, je suis parti spontanément à vélo de Hambourg à Berlin, à la porte de Brandebourg, en une nuit, en parcourant plus de 300 kilomètres, pour prendre le petit-déjeuner avec un vieil ami. Cela faisait une éternité que je n’avais pas parcouru de longues distances. Juste après le petit-déjeuner, je suis rentré en vélo et en train. Cette expérience et toutes les autres micro-aventures qui ont suivi m’ont montré, premièrement, à quel point la nature me tient à cœur et, deuxièmement, tout ce que je peux changer en essayant systématiquement de tirer le meilleur parti de ce que j’ai, là où je suis, c’est-à-dire de chercher des opportunités. C’est dingue le nombre de fenêtres qui s’ouvrent d’un coup, au sens propre du terme.

 

Selon toi, quels petits gestes peuvent contribuer à une vie plus saine et plus respectueuse du climat?

Je pense qu’il est extrêmement important d’être beaucoup dehors pour renouer avec la nature. Ce n’est qu’en y parvenant que nous la traiterons durablement sur un pied d’égalité, que nous la considérerons comme une égale, et pas seulement comme une coulisse, une scène ou une fournisseuse de ressources. Pour une application très concrète aux aventures, je dirais: faire plus de marche, de vélo et de canoë, et ne pas prendre la voiture à tout bout de champ.

 

Dernière question et non des moindres: quelles aventures t’attendent en 2024?

Dernièrement, j’ai fait du stand-up paddle pendant huit semaines, en allant de la Zugspitze jusqu’à Sylt, en passant les nuits dans mon hamac. Cette année, il y aura à nouveau des petites aventures. Je veux par exemple aller en vélo de Munich à Venise et faire le tour de Hambourg à pied. De plus, j’ai un tas d’idées qui ne sont pas encore tout à fait abouties et qui donneront certainement naissance à quelques belles expériences. Pour être honnête, je ne suis pas un grand adepte des to-do lists.

 

Le dernier épisode du podcast de Christo, FREI RAUS, est disponible ici (en allemand): https://freiraus.podigee.io/

Conseil de lecture: nous vous recommandons vivement le nouveau livre de Christo Foerster. Intitulé «Am besten draussen» (De préférence dehors), il montre comment nous pouvons intégrer encore davantage la nature dans notre vie.

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